Le problème : deux extracteurs sur le même conduit
La VMC hygro-réglable extrait en continu, à faible débit variable, par des bouches calibrées. La hotte, elle, envoie ponctuellement 200 à 600 m³/h dans le même réseau, à une pression qui écrase celle du caisson de ventilation. Quand les deux partagent un conduit sans précaution, la hotte ne vidange pas son air vers le toit : elle le pousse dans les branches voisines, et l'air de cuisine se retrouve en couloir ou dans la pièce voisine par effet de court-circuit. C'est la cause numéro une des odeurs de friture persistantes en appartement ventilé par simple flux hygro.
Les trois montages fautifs les plus courants
- La « VMC avec prise de hotte » : certains caissons de simple flux comportent un piquage supplémentaire marqué « hotte ». Si la hotte y est raccordée directement, sa surpression remonte dans le caisson et se redistribue dans toutes les branches du réseau. Le clapet anti-retour du caisson, prévu pour quelques dizaines de pascals, ne tient pas les quelques centaines de pascals d'une hotte.
- Le té sur la bouche cuisine : la hotte et la bouche hygro se partagent le même orifice en plafond ou en paroi. Quand la hotte tourne, l'air est aspiré par la bouche et rejeté par le conduit de la hotte, ou l'inverse : les deux s'annulent et la cuisine n'est plus extraite du tout.
- La gaine commune avec soupape : la soupape d'équilibrage censée isoler les deux réseaux reste bloquée ouverte par la graisse : le court-circuit est permanent, et la hotte détruit l'équilibre de dépression du logement hygro.
Le montage conforme : deux réseaux distincts
La règle de base, rappelée par les DTU de la famille 68, est l'indépendance des réseaux : la hotte a son propre conduit jusqu'à une sortie de toit ou de façade dédiée, avec son clapet anti-retour ; la VMC garde ses bouches raccordées à ses propres piquages. En rénovation lourde où deux traversées sont impossibles, la solution admise est la surélevation avec surpresseur : la hotte décharge dans un tronçon dédié débouchant à un niveau distinct ou coiffé d'un chapeau séparé, jamais sous le même terminal que la VMC.
Le cas de la hotte à recyclage mérite une mention : sans raccordement au réseau, elle ne parasite pas la ventilation, mais elle ne filtre que les graisses et une partie des odeurs, et elle relargue humidité et chaleur dans la pièce. En cuisine fermée, une hotte recyclante sans ventilation mécanique effective en cuisine est une impasse hygiénique : l'hygro-réglage de la bouche cuisine ne peut pas assécher ce que la hotte y déverse.
Vérifier que les deux cohabitent correctement
Test simple, hotte arrêtée : approchez un papier fin de la bouche hygro de cuisine, l'aspiration doit être franche et régulière. Allumez la hotte à vitesse moyenne : le papier doit être Aspiré plus fort, jamais repoussé. Un papier repoussé par la bouche hygro signale le court-circuit, il faut chercher le clapé collé ou le piquage commun. Test complémentaire : faites tourner la hotte à fond porte de cuisine fermée, puis ouvrez la porte : un sifflement d'air neuf par le bas de porte ou les entrées d'air confirme que l'entrée d'air de la cuisine est sous-dimensionnée pour la hotte, indépendamment de la VMC.
- Clapet anti-retour de hotte : à contrôler une fois par an, la face intérieure encrassée ne ferme plus à plat.
- Bouche hygro de cuisine : à tenir hors du jet direct des vapeurs, à plus de 1,5 m du plan de cuisson si possible, sinon son capteur colle et la modulation ne joue plus.
- Réglage du couple : beaucoup d'installations gagnent à laisser la bouche hygro en consigne haut (75 à 105 m³/h) en cuisine avec hotte, pour que la VMC continue d'extraire quand la hotte est éteinte.
Le point de synthèse
Hotte et VMC hygro sont complémentaires à une condition : chacune son conduit, chacun son terminal. Le jour où l'on raccourcit, on crée une machine à odeurs et un capteur hygro qui reste bloqué en butée haute. Les trois tests du papier, du clapet et de la porte fermée se font en dix minutes et disent tout du montage.


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