Pourquoi le semestriel, et pas l'annuel
Le programme annuel hérité des notices des années 2000 a pris de l'âge : les filtres ePM10 actuels s'encrassent plus vite qu'ils ne s'usent, les turbines EC tournent en continu à bas régime et accumulent un film gras plus régulier que les anciens moteurs à condensateur. Un contrôle semestriel — printemps et automne — prend vingt minutes ; il évite le dépannage de janvier, quand le condensat gèle, que le filtre colmaté fait hurler la turbine et que l'humidité remonte à 70 % dans les chambres. Voici les sept points, dans l'ordre du geste.
1. Filtres : les changer, pas les nettoyer
Préfiltre GSM et filtre à finesse ePM10 se changent ; on ne les nettoie jamais : la structure fibreuse colmatée ne se récupère pas. Le repère de terrain qui tient lieu de compteur horaire, c'est la perte de charge. Quand le débit en bouche, mesuré à l'anémomètre à fil chaud, a chuté de plus de 15 % par rapport à la mise en service, les filtres sont morts. En maison à foyer ouvert ou en zone rurale, compter deux changements par an, pas un.
2. Turbines et roues : le film gras se lit, pas se devine
Roues à pales recourbées vers l'arrière côté extrait : un voile gras se voit sur le bord d'attaque ; il se retire au chiffon imbibé de dégraissant neutre, jamais de solvant qui attaque les pales composites. Côté introduit, la roue est propre ou couverte de pollen : l'aspirateur à brosse souple suffit. Profiter du démontage pour faire tourner la roue à la main : point dur ou raclement signale le roulement, dont le changement coûte moins que la turbine complète.
3. Bouches et entrées d'air : la crasse invisible
- Bouches hygroréglables : démonter le capot, rincer le hygroréacteur à fibres de nylon sous l'eau tiède, sécher ; une bouche collée en position fermée est une bouche morte dont personne ne se plaint pendant des années.
- Entrées d'air de façade : les mousses acoustiques se changent, pas se lavent ; une entrée obstruée déplace le débit vers les autres pièces et déséquilibre tout le logement.
4. Condensats et siphon, le point qui gèle en janvier
Double flux : vérifier le bac à condensats, la pente de la liaison et l'anneau en U du siphon. C'est lui qui s'évapore en été si l'installation n'a pas été tirée d'un verre d'eau à la mise en service : un siphon sec laisse passer l'air froid, le bruit et les odeurs du réseau. Compléter d'un demi-verre d'eau, tester au colorant. Simple flux : le siphon de la grille cuisine se visite par la trappe de ramonage, jamais par le terminal.
5. Mesure de débit : le seul chiffre qui prouve
Un contrôle d'entretien complet finit par une mesure en trois bouches (cuisine, salle de bain, WC) à l'anémomètre ou au capuchon mesureur : 135, 60 et 30 m³/h de consigne en pointe pour une bouche hygro standard. Loin de ces valeurs, le réseau a bougé : écrasement de gaine souple, bouche descellée, ou caisson qui décroche en basse vitesse.
6. Bruit et vibrations
Un bruit apparu depuis le dernier contrôle se localise en trois gestes : caisson éteint, lire les courants d'air parasites au manomètre ou au film plastique ; caisson en marche, main sur la turbine pour sentir le balourd ; puis parcours de gaine à l'oreille — le claquement en tête de gaine souple est un collier desserré, pas une panne.
7. Le registre
Noter la date, les valeurs mesurées, les pièces changées et la prochaine échéance. Un caisson suivi depuis dix ans se dépanne avec son historique ; un caisson sans historique se change.


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