Entrées d'air autoréglables dans les menuiseries : le maillon faible de l'hygroréglable

Le couple entrées-sorties, principe fondateur de l'hygroréglable

Une VMC hygroreglable pilote ses débits d'extraction selon l'humidité mesurée dans les pièces de service. Mais le débit extrait n'a de sens que si l'air neuf entre librement : les entrées d'air autoréglables des pièces principales (séjour, chambres) dimensionnent l'amenée d'air en fonction de l'humidité intérieure, par un capteur à fibre ou à membrane qui module l'ouverture. Quand ce couple est faussé, la régulation tourne à vide : le caisson extrait, l'air rentre mal, l'humidité stagne dans les chambres et les seuils de confort hygrométrique ne sont jamais atteints.

Le cahier des charges résidentiel situe la zone de confort entre 30 et 35 % d'humidité relative en moyenne saison. En dessous, on parle d'air trop sec, irritations des muqueuses, électricité statique, bois de parquet qui travaille ; au-dessus de 50 % en hiver, condensation aux vitres et risque de moisissure aux points froids. Les entrées d'air sont le premier levier de ce réglage, avant même le caisson.

Les trois pannes typiques des entrées d'air

  • l'encrassement : une entrée d'air posée depuis huit ou dix ans dans un environnement urbain se colmate de poussières fines ; la section utile chute, et avec elle l'amenée d'air des chambres, sans qu'aucun voyant ne le signale ;
  • le réglage hasardeux : une entrée abaissée par l'occupant pour couper un souffle ressenti réduit l'amenée d'air souvent de moitié, bien au-dessous du débit minimal d'hygiène ;
  • la pose non conforme : une entrée d'air à commande manuelle pleine section, ou un jour de soufflage de volet de store, laisse entrer un débit de fuite froid l'hiver et chaud l'été, et court-circuite la modulation hygrométrique.

Régler dans le bon ordre

La marche à suivre est toujours la même. Démonter le capot d'une entrée d'air de chambre, nettoyer le capteur et le conduit selon la notice du fabricant, reposer, puis vérifier à l'humidimètre : en journée occupée, l'humidité relative d'une chambre bien ventilée se situe entre 40 et 50 % ; elle ne doit jamais descendre sous 30 % en période de chauffe. Si l'air est systématiquement sec l'hiver avec une hygroréglable à pleine vitesse, le problème n'est pas la régulation mais le volume d'air amené : les entrées sont trop fermées ou trop petites pour la surface de la pièce.

  • les chambres d'enfants et le bureau appellent les modules de plus forte section ;
  • une entrée d'air à réglage manuel ne doit jamais être peinte ni calfeutrée ;
  • dans les régions à hiver très sec, un hygromètre à sonde par pièce permet de suivre l'évolution réelle plutôt que de deviner depuis les condamnations de fenêtres.

Le givre et l'air sec, deux signaux opposés

Un phénomène mal connu : en climat froid et sec, une amenée d'air sous-dimensionnée fait chuter l'humidité des pièces principales, et l'hygroreglable ne détecte plus d'humidité à évacuer : elle reste en petit débit, la cuisine et les sanitaires saturent localement, les parois froides des pièces mal brassées condensent malgré un air global sec. À l'autre extrême, des entrées ouvertes en grand l'hiver amènent un débit d'air à -5 °C que le réseau traverse sans compensation : la gaine d'amenée peut givrer par l'extérieur au droit du percement, et les factures de chauffe grimpent sans que le confort hygrométrique progresse. Dans les deux cas, la solution est le réglage à la mesure et non au ressenti : hygromètre, anémomètre à fil chaud à l'entrée d'air, relevé saisonnier.