Sortie murale concentrique d'une VMC double flux : orientation, espacements et reprises

Comment fonctionne un débouché concentrique

Une sortie murale concentrique pour VMC double flux est un fourreau double : une conduitte intérieure évacue l'air vicié, l'espace annulaire aspire l'air neuf. Les deux flux se croisent dans le mur, séparés par une cloison et protégés par une rosace extérieure. L'intérêt est double : un seul perçage de 200 ou 250 mm au lieu de deux, et une entrée d'air préchauffée au contact du conduit d'extraction, ce qui réduit le risque de givrage de l'échangeur en climat froid.

Mais la proximité physique des deux flux est aussi leur faiblesse. Si le vent plaque le jet d'extraction contre la façade, une partie de l'air vicié est réaspirée par l'annulaire : c'est le court-circuit aéraulique. Le débit mesuré au caisson reste correct, mais l'air soufflé en chambre contient de l'air de cuisine ou de WC. Les signes typiques : odeurs ponctuelles dans les pièces de soufflage et humidité qui ne redescend plus après les douches.

Orientation et espacements : ce que impose le DTU

La règle de base pour un couple entrée/rejet en façade : les orifices doivent être espacés d'au moins 60 cm dans le même plan horizontal, ou décalés en hauteur avec un rejet au-dessus de l'amenée d'au moins 1,20 m. En sortie concentrique, ces distances sont couvertes par la conception du fabricant, validée par Avis Technique : on ne modifie jamais la rosace ni l'orientation d'origine.

  • Sur mur pignon exposé au vent dominant, privilégier un modèle avec déflecteur orienté selon la cartographie des vents locale.
  • Garder au moins 3 m sous une avancée de toiture ou un débord, et 0,60 m d'un angle de mur : les zones de dépression renvoient le rejet vers l'amenée.
  • Ne jamais placer la sortie sous une fenêtre ouvrante ni à moins de 1,50 m d'une baie.

Points de contrôle à la pose

La reprise d'étanchéité est le vrai sujet de longévité. Le fourreau doit être posé avec une pente exterieure de 2 à 3 % pour que la pluie ruisselle et que les condensats de la colonne d'extraction sortent librement. La collerette ou le manchon d'étanchéité se pose sous le revêtement, pas dessus, sinon l'eau circule dans la maçonnerie.

  • Vérifier que le grillage de la conduitte intérieure n'est pas encrassé : côté extraction, il se charge de graisse et doit être nettoyé deux fois par an.
  • Contrôler le jeu de la rosace : une rosace voilée ou mal clipsée laisse passer l'air entre deux flux.
  • Sur ITE, exiger le kit de raccourcissement adapté à l'épaisseur d'isolant, jamais un tube prolongé à vue.

Symptômes d'un court-circuit et correctifs

Test simple après saison de chauffe : un tube à fumée tenu à 10 cm de l'amenée annulaire. Si la fumée est plaquée vers le mur par le vent puis aspirée, le site est mal exposé. Les correctifs existent : rosace avec déflecteur élargi, déplacement du perçage sur le pan abrité, ou passage en deux débochés séparés. Réaliser aussi une mesure de CO2 en chambre la nuit : une concentration qui plafonne au-dessus de 1400 ppm avec le débit nominal au caisson signe presque toujours une ré-aspiration partielle.