Cuisinière au gaz et VMC simple flux : le renouvellement d'air qu'on oublie de calculer

Le gaz change deux équations, pas une

On réduit souvent la cuisine à un point d'extraction de plus. Avec une cuisinière au gaz, deux équations se posent en même temps : évacuer les produits de combustion (vapeur d'eau, dioxyde d'azote, monoxyde de carbone en cas de mauvaise combustion) et amener l'air qui alimente cette combustion. Une VMC simple flux traite la première ; seule, elle ne garantit pas la seconde. C'est l'amenée d'air qui fait la différence entre une extraction conforme et une cuisine en sur-pression qui refoule les fumées vers les pièces voisines.

Les valeurs à connaître

  • Débit minimal d'extraction en cuisine avec un appareil à combustion : 75 m³/h pour un appareil de moins de 15 kW, jusqu'à 95 m³/h au-delà, répartis sur la bouche d'extraction principale. Le mode de fonctionnement doit pouvoir maintenir ce débit, ce que toutes les bouches autoréglables de cuisine ne font pas en position éco.
  • Amenée d'air dans le séjour : 45 m³/h pour un seul appareil de cuisson, 90 m³/h pour deux ou plus. Un simple jeu de fenêtre n'y suffit pas : il faut une entrée d'air autoréglable ou à débit constant dimensionnée pour ce chiffre.
  • Sur-pression de la cuisine : la pression doit rester inférieure d'au moins 68 Pa à celle des autres pièces. En pratique, cette condition dépend du passage sous porte, que personne ne mesure à la réception.

Le passage sous porte, la section qui fait tout

Le transfert d'air de la cuisine vers les pièces voisines se fait par le passage sous porte, complété par une grille si la section est insuffisante. Il faut 0,06 m² de section libre : 3 cm sous une porte standard de 77 cm, ou un quadrillage de porte. Cette valeur explique deux désagréments fréquents : le claquement de porte quand la sur-pression monte, et l'odeur de cuisine persistante dans le dégagement quand le passage est obstrué par un bas de porte jointif. Avant de remplacer le caisson pour une odeur qui persiste, vérifiez la section libre : c'est gratuit.

Un cas qui revient souvent en rénovation

Dans une cuisine fermée équipée d'une plaque au gaz, la tendance est de remplacer le chapeau de toit d'origine par une bouche mécanique. Le conduit d'origine n'est pas tubé, le chapeau disparaît, et l'amenée d'air reste celle d'il y a trente ans : de simples jeux de fenêtre. Le résultat est un tirage faible par temps calme, un refoulement par temps de vent, et un détecteur de CO qui se déclenche sans fuite. La séquence correcte : entrée d'air dans le séjour, conduit tubé, bouche adaptée au débit réglementaire, et passage sous porte contrôlé. Dans cet ordre, le matériel coûte moins cher que les appels au dépanneur.