Sonde hygrostatique : pourquoi deux caissons identiques ne réagissent pas à la même hygrométrie

La sonde est le caisson

Dans un caisson hygroréglable, le moteur ne décide de rien : il exécute ce que la sonde hygrostatique lui commande. Le classement B ou C dont on parle dans les fiches produits n'a de sens que par la sonde qui le porte. Deux caissons du même fabricant, sortis du même moule, peuvent passer d'un palier à l'autre avec un écart d'hygrométrie de plusieurs points. Ce n'est pas un défaut : c'est la tolérance du capteur, et elle s'observe en collectif à l'œil nu quand deux voisins ouvrent et ferment leurs entrées d'air à des heures différentes.

Tolérance, type de capteur, dérive : trois sources d'écart

  • La tolérance de consigne. Les capteurs hygrométriques destinés au génie climatique résident d'ordinaire à ±3 à ±5 % d'humidité relative autour du seuil. Sur un seuil de basculement entre petit et grand débit situé vers 40 % d'HR, l'écart réel entre deux unités se chiffre donc en points de confort, pas en pour-cent de la puissance.
  • Le type de capteur. Le capteur capacitif à film polymère a remplacé le cheveu de jadis : pas de pièce mécanique, réponse en quelques minutes, mais une sensibilité à la pollution de surface. Le capteur résistif à céramique est plus stable, plus cher, et surtout présent sur le tertiaire.
  • La dérive dans le temps. Un capteur polymère vieillit : la courbe de réponse se décale lentement, presque toujours vers une lecture plus optimiste. Un caisson de dix ans qui ne monte plus en grand débit n'a pas forcément un moteur fatigué : la sonde lit trop bas.

La graisse de cuisine, première cause de panne déguisée

Quand l'hygroréglable est piloté par une sonde de ambiance plutôt que par les bouches, celle-ci capte les vapeurs de cuisson. Le film gras qui se dépose sur le polymère isole la surface active : la sonde devient myope et le caisson reste bloqué en petit débit pendant la cuisson des pâtes. Le symptôme est connu : extraction faible, buée persistante dans la cuisine, aucune alarme et moteur qui tourne normalement. Avant de condamner le caisson, nettoyez la sonde à l'alcool isopropylique et remettez-la sous tension après séchage complet.

Vérifier sa sonde en trois gestes

Premier geste : le test du souffle. Un souffle à dix centimètres de la sonde fait monter l'hygrométrie mesurée au-dessus de 60 % en moins de deux minutes ; le caisson doit basculer en grand débit. Deuxième geste : la lecture comparée. Un hygromètre à 20 euros posé à côté du caisson donne l'ordre de grandeur de la dérive : au-delà de huit points d'écart avec la valeur affichée, le capteur est à remplacer plutôt qu'à régler. Troisième geste : la vérification du seuil de consigne, qui se lit sur la carte de commande de la plupart des caissons et se recale dans une plage de quelques points. Si le seuil est déjà en butte basse et que la réaction reste tardive, le capteur a dérivé au-delà de la marge de réglage : le remplacement de la sonde, pièce rare mais disponible chez les fabricants, est moins coûteux que le caisson complet.