Rénovation : où installer une VMC double flux dans une maison existante

Pourquoi l'emplacement du caisson se décide avant le modèle

En construction neuve, la VMC double flux se glisse dans un volume technique prévu à cet effet. En rénovation, c'est l'inverse : le caisson doit s'accommoder de l'existant, et ce sont ses contraintes qui dictent le choix du modèle. Trois critères arbitrent : la place disponible, la longueur de réseau nécessaire et la capacité à évacuer les condensats. Un caisson mal placé en rénovation coûte plus cher en pertes de charge qu'un caisson moyen bien placé.

Trois implantations possibles, trois conséquences différentes

Les combles ou le grenier. C'est la solution la plus fréquente. Le réseau air vicié descend vers les pièces d'eau, le réseau air neuf monte vers les pièces de vie, et les deux se rejoignent au caisson. Attention au volume non chauffé : la gaine d'extraction doit être isolée sur toute sa partie froide (voir notre article sur l'isolation des gaines en volume non chauffé), sinon la condensation se produira dans la gaine et non dans le bac à condensats.

Un placard ou un dégagement intérieur. Le caisson reste en volume chauffé, ce qui supprime le risque de gel et simplifie l'isolation. En contrepartie, il faut trouver 60 cm de largeur, 80 cm de hauteur et un accès de maintenance franc, et prévoir deux traversées de mur ou de cloison pour les prises d'air et rejets. Le bruit de soufflerie, répercuté par la gaine, devient audible dans les chambres : un modèle silencieux et un registre de réglage ne sont pas une option.

Un local technique ou un garage. Possible si le garage est mitoyen aux pièces d'eau. Le réseau s'allonge d'autant, et chaque mètre de plus se paie en perte de charge.

Les trois points techniques à trancher

  • La traversée de toiture. En double flux, il faut deux orifices en toiture (air neuf et air vicié) ou un kit combiné, espacés d'au moins 1,50 m pour éviter le court-circuit entre rejet et prise d'air. En toiture d'ardoise ou de tuiles mécaniques, le kit de raccord adapté fait partie du budget, pas une surprise de chantier.
  • L'évacuation des condensats. Le récupérateur produit 5 à 15 litres d'eau par an en climat tempéré. En rénovation, un siphon et une pente de 1 cm par mètre vers l'évacuation la plus proche doivent être prévus dès l'implantation, jamais rattrapés après coup avec une gaine souple ondulée qui rétentionnera l'eau.
  • La longueur de réseau. Comptez 25 % de longueur en plus qu'en neuf pour les coudes et les traversées. Au-delà de 15 m de longueur développée par branchement, le point de fonctionnement se dégrade : il faut soit un caisson plus puissant, soit un diamètre supérieur.

Le détail qui décide souvent : la hauteur sous plafond

Le réseau de pulsation en 75 ou 90 mm se cache dans un faux plafond de 12 cm minimum, coffrage isolant compris. Si la rénovation n'autorise pas cette perte de hauteur, orientez-vous vers un réseau en 63 mm avec caisson adapté, ou vers une simple flux hygro B dont le réseau se limite à l'extraction. Une double flux bridee par son réseau tourne en permanence à un débit inférieur à celui pour lequel elle a été dimensionnée : la consommation électrique de plus ne produit plus le renouvellement d'air attendu.