Fin juin, première vague de chaleur : dans beaucoup de logements ventilés par tirage naturel hygroréglable, les bouches de cuisine et de salle de bains sont tournées en position fermée, parfois calfeutrées avec du ruban adhésif. L'intention est défendable : en été, l'air qui entre par les entrées de façade n'est pas frais et le ventilateur consomme pour rien. La pratique, elle, produit trois effets qu'il faut connaître avant de choisir une autre solution.
1. Le débit minimum réglementaire disparaît
Le classement hygroréglable des bouches existe précisément pour maintenir un débit de fond de grille même en absence d'occupation : c'est le petit débit des pièces humides, dimensionné pour évacuer l'humidité résiduelle d'un logement even inhabité. Fermer les bouches supprime ce fond : la cuisson du soir, une douche prise la nuit, le séchage du linge restent dans le logement. En collectif, la conséquence déborde du logement : le conduit collectif ne reçoit plus son air decompensation et les voisins du dessus voient leur tirage chuter, pas augmenter.
2. Le redémarrage est plus brutal que la continuité
Les bouches hygroréglables fonctionnent avec une hystérésis : le palier haut se déclenche au-dessus du seuil, la redescente bien plus bas. Après plusieurs semaines de fermeture, la première douche de septembre trouve un réseau chaud et une hygrométrie de pièce déjà montée : la bouche s'ouvre en grand, le caisson démarre à plein, et la reprise du débit dans un conduit tiède produit une condensation visible aux parois et dans le caisson. Un réseau qui n'a pas tourné huit semaines redémarre toujours avec un départ goutte-à-goutte vers l'évacuation des condensats, parfois vers l'isolant du caisson si la pente a été oubliée à l'installation.
3. La qualité d'air intérieure se dégrade en continu
L'été, les COV des matériaux (colles de parquet, mousses de canapé, produits d'entretien) augmentent avec la température, et les moisissures des joints de salle de bains s'installent vite dans un air qui ne circule plus. Le comportement que rapportent les techniciens de maintenance en visite annuelle est parlant : les logements dont les bouches ont été fermées tout l'été présentent plus de reprises de mastic et de joints noirs que les logements où la ventilation n'a jamais été touchée.
Que faire à la place
- Vérifier le mode été du caisson s'il existe : beaucoup de moteurs trois vitesses autoréglables ont une position réduite commandée par horloge ou par contact sec, qui abaisse la vitesse sans couper le débit minimum. C'est le réglage à préférer à la fermeture.
- Ne jamais obturer une bouche avec adhésif ou film : le capteur d'humidité intégré est derrière la grille, obturée il ne mesure plus rien et la bouche reste bloquée au palier où elle était.
- Garder cuisine et WC ouverts, traiter les salles d'eau peu utilisées en les laissant au palier bas manuel plutôt qu'en position fermée.
- Reporter la fermeture sur les entrées d'air n'est pas non plus la solution : une entrée d'air calfeutrée sans retour de débit en pièce humide crée exactement les court-circuits et les sifflements qu'on veut éviter.
Si la fraîcheur estivale est l'objectif réel, la réponse n'est pas dans la bouche mais dans le caisson : une VMC double flux avec by-pass estive transfère la fraîcheur nocturne sans supprimer le renouvellement d'air. Sur une installation existante en simple flux hygroréglable, la réponse raisonnable est la vitesse réduite commandée et le nettoyage des entrées d'air avant l'été.






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