La question revient à chaque visite technique dans une maison sur vide sanitaire : le sous-sol moisi ou l'air confiné du garage peuvent-ils être traités par la VMC déjà installée, en piquant une bouche sur le réseau existant ? Parfois oui, souvent mal. Avant de percer un conduit, il faut savoir ce que le caisson peut réellement donner et ce que l'extraction sous plancher change au reste de la maison.
Pourquoi un vide sanitaire s'humidifie
Dans la majorité des maisons anciennes sur vide ventilé, l'humidité ne vient pas d'un manque d'extraction mais d'un sol nu non couvert et d'un confinement d'air stagnant. Le sol restitue de la vapeur d'eau en continu ; un vide de 60 cm sous 100 m² sans parement peut humidifier durablement l'air du sous-sol au-dessus de 80 % d'humidité relative. Extraire sans rien changer au sol revient alors à évacuer le symptôme en laissant la source : la ventilation n'est efficace qu'une fois le terre-plein couvert d'un polyéthylène de 200 µm recouvrant, avec remontée en périphérie. C'est le point que les fabricants de systèmes radon et les guides du traitement de l'air sous dalle rappellent dans le même ordre que nous.
Ce que le caisson peut donner sans arbitrer avec le logement
Un caisson simple flux autoréglable de maison individuelle travaille autour de 130 à 160 m³/h au total pour un logement courant (cuisine 60 m³/h, salles d'eau et WC pour le solde). Piquer une bouche sur le réseau, c'est prendre ce débit sur les pièces hautes. Trois conséquences mesurables :
- Le débit de la cuisine baisse si le réseau est déjà à ses limites : le contrôle au débitmètre après travaux le montre immédiatement.
- La surpression du vide aspiré peut tirer l'air des pièces par les passages de gaines et les trappes : le vide sanitaire devient un court-circuit aéraulique entre deux extractions.
- Si une production d'eau chaude gaz est dans le volume, l'aspiration peut déstabiliser le brûleur ou, pire, contrarier l'amenée d'air du générateur : à proscrire sans contrôle.
Règle de terrain : n'extraire le vide que si le total autorisé par le classement des bouches (le GM/AL et l'arrêté du 24 mars 1982 pour le collectif, le DTA du caisson pour l'individuel) laisse une marge d'au moins 20 m³/h après la bouche ajoutée, et poser sur cette bouche un clapet anti-retour pour ne pas tirer l'air du sous-sol vers la cuisine la nuit.
Les cas où c'est la bonne solution
- Vide ventilé au sol couvert, usage garage ou cellier, ambiance simplement confinée : une bouche 80 mm avec réglage bas est souvent suffisante, à condition d'ajouter une entrée d'air basse en façade opposée pour que l'air circule au lieu d'être tiré par les joints de plancher.
- Maison avec sous-sol entièrement aménagé : là ce n'est plus un piquage mais une véritable antenne de ventilation avec ses propres amenées ; le caisson existant est généralement sous-dimensionné pour l'ensemble.
Les cas où il faut renoncer
Traces de radon mesurées au-dessus des seuils, plancher bas sur sol argileux gorgé d'eau, ou simple odeur de moisi sur 2 m² : dans le premier cas il faut un système dédié (extraction sous membrane avec mise en dépression contrôlée), dans le second un assainissement du sol, dans le troisième un nettoyage et une ventilation permanente basse de 5 à 10 cm² suffisent sans toucher au caisson.
Bilan : le piquage est un expédient propre quand il est chiffré en débit résiduel. Il devient une panne différée quand il est fait au jugé.






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