Raccord de bouche : flexible annelé ou tube rigide en terminaison ? L'effet sur le débit mesuré

Dans les réseaux de ventilation mécanique, la discussion porte sur les grandes longueurs de gaines. En revanche, le dernier mètre — celui qui relie la dérivation au piquage de la bouche — est quasi systématiquement posé en flexible annelé, parce que c'est simple et rapide. Ce dernier tronçon n'est pas neutre : il conditionne le débit réel à la bouche, et parfois le niveau sonore de la pièce.

Pourquoi un flexible coûte plus cher qu'il n'y paraît

  • Perte de charge par la corrugation. Un flexible annelé en diamètre 80 ou 125 oppose une résistance bien supérieure à un tube lisse à longueur égale. La corrugation multiplie les micro-turbulences : sur un mètre posé avec deux coudes, la surpression consommée peut dépasser celle de plusieurs mètres de conduit lisse.
  • Le pincement du flexible. Écrasé entre deux chevrons, coudé à angle droit, compressé sur sa longueur, un flexible 80 peut voir sa section réduite de plus de moitié. Le débit à la bouche chute, et dans un collectif ou une hygro-réglable, le déséquilibre se reporte sur les autres pièces.
  • Le bruit. En terminaison de soufflage surtout, une section pincée ou un coude serré fait monter la vitesse locale de l'air : le filet d'air siffle à la bouche, et le réglage de la bouche n'y change rien puisque la perte est en amont.

Les règles de pose qui limitent la casse

Quand le flexible reste la seule option praticable (cheminement entre structures, descente de faux plafond), quatre gestes réduisent sa pénalité :

  • le laisser tendu et droit autant que possible : un flexible déroulé en ligne droite perd beaucoup moins qu'un flexible posé en tire-bouchon avec des ondulations ;
  • limiter les coudes : deux coudes à 90° valent plusieurs mètres de conduit lisse ; préférer deux coudes doux à un angle droit ;
  • ne jamais le comprimer longitudinalement : poser la longueur utile, pas le tronçon restant ;
  • le fixer par colliers sans l'écraser, et éviter tout contact métallique direct qui transmettrait les vibrations du caisson jusqu'à la bouche.

Quand passer au rigide

Le tube rigide (ou le semi-rigide à paroi lisse) change l'échelle de performance dans deux cas : en terminaison de soufflage d'une double flux, où le débit d'air neuf doit être garanti chambre par chambre, et en extraction de cuisine, où le débit réglementaire se vérifie à la bouche. À réseau égal, remplacer les six terminaisons souples par des tubes lisses rend fréquemment plusieurs m³/h à chaque bouche, sans toucher au caisson : la seule opération consiste à rendre au réseau le débit qui était consommé par les flexibles.

Le contrôle de fin de chantier

Dans tous les cas, le raccordement se vérifie débit à la bouche mesuré (à l'anneau ou au tube pitométrique), pas à l'oreille. Un flexible bien tendu reste acceptable ; un flexible pincé, même invisible une fois la bouche en place, est un défaut de réseau qu'on ne rattrape plus après la fermeture du coffrage.