La bouche d'extraction de cuisine est la plus sollicitée du logement, et la seule où le polluant principal change selon l'usage. Une casserole d'eau qui bout dégage surtout de la vapeur ; une poêle de friture dégage des composés organiques volatils (COV) et des particules, avec peu d'humidité relative. Or une hygro-réglable classique ne voit que l'humidité. D'où la question de l'asservissement : faut-il commander la cuisine par l'humidité, par les COV, ou accepter la limite du capteur unique ?
Les deux signaux ne coïncident pas
- Humidité. Cuisson à l'eau, vapeur d'une douche voisine : l'hygrostat de la cuisine franchit le seuil de passage en grand débit, puis redescend quand la vapeur s'est évacuée. Logique efficace pour la condensation et les moisissures.
- COV. Friture, grillades, produits d'entretien : l'humidité reste souvent sous le seuil alors que l'odeur et les polluants montent. Une hygro-réglable pure ne réagit pas, ou réagit tard, par diffusion de l'air de la pièce.
Un capteur de qualité d'air (COV, parfois noté « qualité d'air » ou gaz) déclenche le grand débit sur l'autre moitié des usages. Les bouches dites « multifonctions » combinent hygrostat et capteur COV : c'est la configuration qui couvre réellement les deux familles de polluants.
Ce que l'asservissement COV change au quotidien
Sur les installations qui en sont équipées, trois effets sont observables :
- le grand débit se déclenche dès les premières minutes de friture, au lieu d'attendre un franchissement d'humidité qui n'arrivera pas ;
- la vitesse redescend après la fin de cuisson dès que l'air est revenu, sans laisser tourner la ventilation par à-coups ;
- le confort olfactif du séjour s'améliore quand la cuisine est ouverte, parce que le pic est traité à la source.
Limites et réglages à connaître
Un capteur COV n'est pas un nez parfait : il réagit aussi aux parfums d'intérieur, aux bougies, aux solvants bricolés à proximité. En hiver, un asservissement trop sensible déclenche de grands débits qui surconsomment l'électricité du caisson et sur-ventilent le logement. Trois points de réglage avant de suspecter une panne :
- nettoyer la fenêtre du capteur à l'air sec : un capteur encrassé réagit mal et tarde ;
- vérifier le seuil de déclenchement programmé, quand le caisson le permet : la sensibilité usine est souvent calée pour le neuf, pas pour l'usage réel de la cuisine ;
- séparer les rôles : la hotte filtre les graisses et les particules en cuisine, l'asservissement du réseau gère le renouvellement d'air du logement ; les deux en grand débit simultanément créent une dépression qui freine l'amenée d'air neuf par les entrées autoréglables.
En pratique
Pour une cuisine séparée peu utilisée, un hygrostat seul reste cohérent. Pour une cuisine ouverte, une cuisine à usages intensifs ou un logement où l'odeur de friture migre dans les chambres, l'asservissement combiné humidité + COV est le choix qui colle à la réalité des pollutions : le capteur unique, lui, traite la moitié du problème.






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