Couper la VMC simple flux en été : le calcul d'économie qui ne tient pas

L'argument de l'arrêt estival repose sur une lecture fausse de la consommation

Le caisson d'une simple flux n'est pas un gros poste électrique. Un moteur à deux vitesses asynchrone consomme typiquement 40 à 100 W, un caisson à moteur électronique à commutation se situe plutôt entre 8 et 25 W au petit débit. Ramené en euros, un fonctionnement 24 h/24 à 20 W représente environ 175 kWh par an, soit quelques dizaines d'euros selon le tarif ; à 10 W, moins de 10 €. L'arrêt d'un mois d'été économise donc le prix d'un repas. Le calcul est clos avant même d'examiner les conséquences.

Ce que l'arrêt produit sur les parois

En été, l'air extérieur est souvent plus chaud et plus humide que l'air intérieur. En journée, une paroi massive côté nord, un vide sanitaire, un angle de mur en rez-de-chaussée peuvent se trouver sous le point de rosée de l'air ambiant. Sans renouvellement, l'humidité produite à l'intérieur — cuisson, douche, séchage du linge — reste dans le logement et se dépose en priorité sur les surfaces les plus froides.

  • taches noires en tête de mur, dans les angles et derrière les meubles collés à la paroi nord ;
  • odeur de moisi après deux ou trois semaines d'arrêt, souvent avant tout visible ;
  • aggravation d'un point de rosée ancien, que la ventilation masquait en maintenant un apport régulier.

Ces désordres sont d'autant plus probables que le logement a été isolé par l'extérieur ou équipé de menuiseries étanches : l'humidité n'a plus de fuite naturelle pour s'évacuer.

Le thermisme estival ne dispense pas du débit minimal

En simple flux sur conduit, le débit chute effectivement l'été : l'écart de température entre le conduit et l'extérieur s'inverse ou s'annule, et le tirage thermique disparaît. C'est précisément la raison pour laquelle on installe un ventilateur mécanique : il impose le débit quand le tirage naturel ne le fait plus. Couper le ventilateur revient à revenir à l'extraction naturelle, dans des conditions de tirage nul.

Le réglage d'été qui préserve le renouvellement

Trois gestes remplacent l'arrêt :

  • maintenir le petit débit en permanence, y compris la nuit : c'est le débit de fond qui empêche la concentration d'humidité ;
  • reporter le fort débit sur les moments de production d'humidité — fin de douche, cuisson — et non sur les heures les plus chaudes de l'après-midi ;
  • vérifier le débit résiduel à la bouche avec un anémomètre à hotte. Un petit débit mesuré à moins de 60 % de la valeur de réglage indique un conduit encrassé ou une entrée d'air colmatée, et non une anomalie liée à la saison.

Sur les caissons à entrées d'air autoréglables en façade, on vérifie en plus que les registres ne sont pas fermés à la main : c'est la cause la plus fréquente d'une ventilation « arrêtée » sans que personne ait touché à l'interrupteur.

À retenir : l'arrêt estival d'une simple flux économise quelques euros et expose à des moisissures dont la réparation coûte un multiple. Le petit débit reste la consigne d'été.