Deux mesures, un même réseau de fuites
Le contrôle d'étanchéité à l'air d'une maison neuve comprend deux mesures qu'il ne faut pas confondre. La première est l'infiltrométrie proprement dite : la porte soufflante débite le bâtiment jusqu'à une dépression de 4 Pa (protocole NF EN 13829, mode B) et l'on mesure le débit d'air entrant par les fuites de l'enveloppe. C'est le Q4Pa surface, en m³/(h·m²) de paroi délimitée chauffée : la RT2012 le plafonnait à 0,6 ; la RE2020 reprend le même ordre de grandeur, descendu à 0,4 en maison individuelle, et l'intègre au besoin bioclimatique Bbio.
La seconde mesure, moins connue, est le débit de sous-ventilation : caisson arrêté, toutes bouches en position de calcul, on mesure l'air qui traverse la VMC elle-même et son réseau de gaines. Cette perméabilité du réseau est intégrée au calcul réglementaire ; une double flux au réseau poreux dégrade le résultat final sans que l'enveloppe soit en cause.
La VMC, fautive du test
Le piège classique de l'infiltrométrie est la VMC elle-même : bouches de soufflage non obturées, trappes de visite non jointoyées, registre d'entrée d'air resté ouvert. L'opérateur est tenu d'obturer les entrées et sorties de la ventilation (membrane collée ou clapet de mesure selon le protocole) pour ne mesurer que l'enveloppe ; neutralisation ratée, le Q4Pa explose et la maison est déclarée non conforme pour un défaut de protocole, pas de construction.
- Le test se déroule en deux phases, mise en dépression puis en surpression, dont on fait la moyenne : un relevé en une seule phase laisse le vent fausser le résultat.
- La surface de paroi délimitée chauffée sert de dénominateur : ne la confondez pas avec la surface au sol, l'écart atteint 30 % dans un pavillon de plain-pied avec garage.
- Un réseau de gaines encaissé sous dalle et jamais testé à l'air est une source classique d'échec à domicile : les raccordements de boîtes de distribution sont les fuites les plus chères à reprendre une fois le béton coulé.
Après le test : ce qui en découle pour la VMC
Une maison mesurée à 0,4 m³/(h·m²) ne doit plus rien au renouvellement parasitaire : tout le renouvellement passe par l'échangeur, et la VMC doit tenir son débit nominal à la pression réelle du réseau installé — cela se vérifie à la courbe débit-pression du fabricant et à l'anémomètre, avant la livraison. Conservez le procès-verbal d'infiltrométrie avec les PV de réglage des débits pièce par pièce : c'est ce dossier, et lui seul, qui prouve au DPE comme à l'assureur que l'installation est réglée et pas seulement posée.


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