Dimensionner le caisson d'un simple flux : la méthode de calcul du point de fonctionnement

« Un caisson 150 m³/h pour mon appartement » est une phrase vide : 150 m³/h est le débit à pression nulle, celui du ventilateur soufflant dans le vide. En réseau, le débit réel dépend de la résistance du conduit. Voici la méthode de calcul que les installateurs utilisent et que le DIY peut reproduire avec une calculette.

1. Additioner les pertes de charge du circuit le plus défavorable

Le circuit le plus défavorable est le plus long ou le plus cabossé — souvent la bouche éloignée du cumulus. On additionne :

  • la bouche elle-même : 100 à 110 Pa pour une autoréglable à son débit nominal, valeur relevée à la notice du fabricant ;
  • le conduit : 0,8 à 1,5 Pa/m en semi-rigide Ø 80, le double en Ø 60, de moitié moins en rigide Ø 125 lisse ;
  • les singularités : 10 à 20 Pa par coude, 5 Pa par réduction ;
  • la terminaison et son clapet : 20 à 30 Pa ;
  • le tirage thermique, qui s'ajoute en hiver (10 à 30 Pa pour 6 m de conduit à 30 °C d'écart) et se soustrait en été.

Exemple type : 12 m de semi-rigide (14 Pa) + 4 coudes (60 Pa) + terminaison (25 Pa) + bouche (110 Pa) = 209 Pa au débit de la bouche.

2. Lire la courbe débit-pression, pas le débit libre

Tout caisson publie une courbe débit-pression selon EN 13141-5. Le point de fonctionnement est l'intersection de cette courbe avec la résistance du réseau. À 210 Pa, un caisson annoncé « 150 m³/h » en libre ne délivrera souvent que 90 à 110 m³/h. Exigez la courbe, pas le gros chiffre de la boîte.

3. Confronter aux débits minimaux réglementaires

Pour un logement collectif neuf (arrêté du 3 avril 2025) ou ancien (arrêté du 24 mars 1969 modifié), l'extraction minimale est de 30 m³/h par pièce principale, 15 m³/h par chambre, et 15 m³/h en cuisine sans extracteur — 60 m³/h avec. Pour un T3 avec deux chambres : 30 + 15 + 15 + 15 = 75 m³/h, répartis sur l'ensemble des montants, marge comprise.

4. Garder la marge de vieillissement

Un réseau encrassé, un tuyau légèrement écrasé ou un filtre sale voient leur résistance grimper de 10 à 20 % en quelques années. On choisit donc un caisson capable de délivrer le débit requis avec 15 % de perte de charge en plus — soit, sur notre exemple, 130 m³/h à 240 Pa au lieu de 110 m³/h à 210.

Le contrôle de fin de chantier

Une fois posé, aucune bouche ne doit se trouver à plus de 20 % sous sa pression nominale : anémomètre à la bouche ou mesure de dépression au manomètre différentiel. Si la cuisine peine à 7 m³/h mesurés, ce n'est pas le caisson qu'il faut changer, c'est le circuit qu'il faut raccourcir ou passer en rigide. C'est la panne la plus fréquente des installations « tirées au plus court ».