La « longueur maximale » de la notice n'est pas une longueur
Quand une fiche de caisson simple flux annonce une longueur de réseau maximale de 15 ou 20 mètres, elle ne décrit pas une distance physique : elle décrit une longueur équivalente, c'est-à-dire une somme de pertes de charge rapportée à un diamètre de gaine donné, lisse, sans coude. Trois longueurs droites de 6 m avec six coudes à 90° ne sont pas comparables à vingt mètres de gaine tendue. Le vrai calculateur, c'est la courbe débit-pression du caisson.
Lire la courbe, en deux phrases
La courbe relie deux grandeurs : le débit que le moteur fournit (m³/h) et la perte de charge qu'il sait vaincre (Pa). À vide, un caisson simple flux débite beaucoup ; plus le réseau résiste, plus le débit tombe. Le point de fonctionnement réel de l'installation est l'intersection de cette courbe avec la courbe du réseau — qui elle-même monte avec le carré du débit. En pratique, sans logiciel de calcul, on retient trois paliers :
- Ø 125 semi-rigide : la perte au mètre la plus faible des gaines souples courantes ; utilisable jusqu'à 12-15 m par branche en maintenant les débits correctifs.
- Ø 80 isolée (type plafond) : pratique à passer entre chevrons ou en faux plafond bas, mais la perte au mètre est nettement supérieure ; les notices de caisses limitent souvent chaque branche à quelques mètres.
- Le coude compte double : un coude à 90° à petit rayon représente usuellement 1 à 2 m de gaine droite équivalente ; un à grand rayon, moins de 1 m. Un té de piquage, 2 à 3 m. Multiplié par six bouches, cela change la géométrie en dizaines de mètres fictifs.
Les trois pièges qui tuent le tirage
- Le coude de départ collé au collecteur : c'est la position où la perte compte le plus, parce que le débit total y passe. Un quart de tour à grand rayon ou un départ orienté coût trois fois moins qu'un coude serré.
- La gaine aplatie ou vrillée : une semi-rigide écrasée derrière une cloison, une isolée dont la membrane interne tourne, et la section utile chute. Une section divisée par deux, à longueur égale, multiplie la perte par quatre environ.
- Le tronçon commun surdimensionné en bouche mais sous-dimensionné au caisson : chaque branche propre est correcte, mais le tronçon qui sort du caisson est en Ø trop faible : tous les débits chutent ensemble, et le diagnostique bouche par bouche ne montre rien d'anormal isolément.
Le protocole de vérification, sans instrument cher
À la fin du chantier, mesurez le débit à chaque bouche avec un anémomètre à coupelle ou une hotte de mesure, et relevez la dépression statique au caisson. Comparez aux débits de conception pièce par pièce — pas au débit total annoncé par la notice, qui correspond au caisson seul. Un écart de plus de 20 % sur une branche signale un aplatissement, un coude de trop ou une section trop faible : reprise immédiate avant masquage, car après plafond fermé, la seule réparation devient la sur-élévation de vitesse — donc le bruit, donc la bouche condamnée par l'occupant. Le test d'étanchéité avant fermeture du réseau est l'autre contrôle non négociable du même chantier.






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