L'entrée d'air vit sur le régime de la façade
Dans une VMC simple flux par insufflation naturelle, l'air entre parce que le caisson dépressurise le logement et que la façade laisse passer l'air. Ce flux dépend du vent, bien sûr, mais surtout de la pression locale régnant sur l'orifice : une entrée d'air placée dos au vent dominant, sous un débord de toiture profond ou derrière un garde-corps ne verra presque jamais la dépression de calcul. Le classement des entrées d'air autoréglables — le débit pour 20 Pa d'écart de pression — est relevé en laboratoire, à l'abri de tout obstacle : la pose, elle, ne l'est pas.
Les distances à respecter
- Vis-à-vis des bouches d'extraction : aucune entrée d'air dans la zone de reprise du rejet. Un rejet en façade et une entrée sur la même paroi, séparés de moins de 1 m à l'horizontale, créent un court-circuit : l'air extrait revient aussitôt, sans jamais traverser les pièces.
- Obstacles proches : débords, appuis, volets, luminaires ou végétation à moins de 50 cm de l'orifice réduisent le débit de façon imprévisible. Le DTU 68.3 et les DTU 68.3 P2 traitent de l'implantation des terminaisons ; côté entrée d'air, on suit les préconisations du fabricant, toujours plus strictes que le bon sens.
- Orientation : les façades abritées sous le vent dominant sont pénalisées. En climat de vent de secteur constant, on privilégie le pignon sous le vent ou on répartit sur deux façades opposées.
Le court-circuit interne, le plus fréquent
Le pire court-circuit n'est pas en façade mais dans le logement : une entrée d'air de séjour située à quelques mètres de la bouche cuisine, derrière une porte sans passage d'air, ne traverse pas les couloirs. L'air prend le chemin le moins résistant. On place donc les entrées dans les pièces principales, le plus loin possible des pièces de rejet, et on équipe toutes les portes intérieures d'un passage d'air — seuil de 200 cm² minimum en pratique courante — sinon le débit mesuré en cuisine ne représente que de l'air repris dans le couloir.
Contrôler après pose, pas seulement pendant
Une entrée autoréglable bien implantée se vérifie au manomètre différentiel : écart de pression de part et d'autre de l'orifice, puis débit déduit du classement. Un écart nul signe un orifice bouché, une grille repeinte ou un court-circuit. Le test se fait toutes portes et fenêtres fermées, caisson en marche — c'est exactement le régime de service.
En résumé
Le perçage d'une entrée d'air se décide sur le plan de façade, pas sur le chantier : orientation, distance des obstacles et des rejets, traversée de mur sans condensation, réglage du volet. Ces cinq vérifications coûtent cinq minutes avant le carottage et économitent une reprise de maçonnerie.






Validez votre connexion