L'air neuf entrait par les défauts — il n'entre plus
Dans un pavillon des années 70-90, la ventilation fonctionnait en couple avec des menuiseries défaillantes : les joints usés, les cadres mal ajustés et les seuils non calfeutrés laissaient entrer assez d'air pour que le conduit de cuisine tire. Remplacer les fenêtres par du double ou triple vitrage avec joints continue supprime d'un coup la majeure partie de ce flux parasite. Le caisson, lui, n'a pas changé : il extrait le même débit, mais l'air ne rentre plus par où il rentrait. Résultat : le débit s'effondre, l'humidité stagne, et on accuse la VMC d'être « morte » alors qu'elle tourne.
Les signes que le couple fenêtres-VMC ne joue plus
- le test de la flamme ou du papier au conduit de cuisine ne « tire » plus que faiblement alors que le caisson tourne ;
- condensation apparue sur les vitrages et les angles de murs après les travaux de fenêtres, dans un logement qui n'a jamais eu de trace d'humidité ;
- portes intérieures qui semblent « coller » : l'air ne circule plus sous les portes faute de passage de transit suffisant ;
- odeurs de cuisine qui restent une heure après la cuisson.
Vérifier en quatre points, sans démonter le caisson
1) Les entrées d'air : une VMC simple flux d'origine n'a souvent aucune entrée d'air réglée — elle comptait sur les fuites. Il faut maintenant des modules d'entrée d'air dans chaque pièce principale, posés en partie haute, éloignés des rejets. 2) Les passages de transit : sous chaque porte intérieure, une surface libre d'environ 200 cm² (évidement industriel ou jeu au seuil) pour que l'air des pièces principales rejoigne les pièces humides ; les joints de chute automatiques qui plaquent la porte sont une cause fréquente d'arrêt total de la circulation. 3) Les bouches d'extraction : vérifier le classement du module (le débit est gravé dessus) et son encrassement. 4) Le caisson : nettoyer la roue et contrôler la diaphragme du moteur.
Adapter plutôt que surdimensionner
L'erreur est de remplacer le petit caisson par un moteur puissant pour « retrouver le tirage » : on n'obtient que du bruit et une sur-extraction qui dessèche le logement en hiver et sur-sollicite le moteur. Le vrai goulet est presque toujours l'entrée d'air ou le transit intérieur, jamais la puissance. Un caisson hygro B à débit modulé, des entrées autoreglables en façade et des débits sous portes rétablis suffisent dans la majorité des rénovations de ce type. Gardez en tête la règle des textes d'aération : l'air entre par les pièces principales, ressort par les pièces de service — chaque travaux d'étanchéité qui casse cette chaîne doit être compensé au même endroit où il la casse.
Un dernier point, souvent le plus rentable : testez avant de commander quoi que ce soit. Bouchez temporairement un module d'entrée d'air d'une pièce principale (adhésif large) : si le tirage au conduit de cuisine s'effondre immédiatement, le réseau est bien couplé et l'investissement doit aller aux entrées d'air, pas au caisson. S'il ne change rien, cherchez d'abord un court-circuit d'air (gaine percée, faux plafond communicant) avant toute dépense.






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