Le composant que personne n'a jamais vu de face
Dans un système hygroréglable, l'extraction n'est que la moitié du circuit. L'autre moitié, ce sont les entrées d'air des pièces principales — séjour et chambres — posées dans le dormant ou le ouvrant des fenêtres. Sur une maison rénovée avec des menuiseries neuves, ce sont elles qui font entrer l'air, et donc elles qui décident du débit réel de toute la maison. Elles sont aussi, statistiquement, le composant le plus souvent condamné à l'installation et le plus rarement entretenu.
Les reconnaître avant de toucher
- Entrée à lame réglable (le plus ancien, le plus simple) : un corps de 200 à 300 mm de long fraisé dans le profil, avec une réglette que l'on déplace à la main ou au tournevis pour ouvrir plus ou moins. Elle ne se pilote pas elle-même : c'est l'installateur qui fixe son ouverture, une fois pour toutes.
- Entrée autoréglable : même gabarit, mais un ressort calibré maintient le débit à valeur constante quelle que soit la dépression (dans la plage 20 à 160 Pa). Elle ne se règle plus après pose, elle se vérifie.
- Entrée hygroréglable : un capteur à fibre ou à membrane, et un volet qui se ferme quand l'air intérieur devient trop sec. On la reconnaît à son petit capuchon intérieur et souvent à un repère de seuil. Elle n'a de sens que si la maison est étanche et si l'extraction est hygroréglable : sur une maison perméable, elle ne fait que réduire le renouvellement.
Remise en état : la séquence complète
Comptez vingt minutes par fenêtre, sans dépose. Dans l'ordre :
- Repérez le sens de l'air : la flèche gravée sur le corps doit pointer vers l'intérieur. Une entrée montée à l'envers fonctionne mal et goutte à l'intérieur.
- Ouvrez le capuchon par pression latérale, jamais en force verticale : les ergots de ces capuchons cassent à la première tentative brutale, et les pièces détachées se retrouvent difficilement après dix ans de pose.
- Nettoyez le capteur et le volet à l'air sec ou au pinceau souple. Jamais de chiffon humide, jamais de dégraissant : la membrane et la graisse du ressort n'aiment ni l'une ni l'autre.
- Manoeuvrez le volet à la main : il doit coulisser ou basculer avec un franc franchement souple, sans point dur. Un volet qui reste collé en position ouverte ou fermée annonce le ressort fatigué.
- Vérifiez le joint du corps dans la fraisure : un jour de 2 mm autour de l'entrée fait entrer le froid, le bruit de rue, et fausse tout le réglage du réseau.
Vérifier qu'elle débite encore
Le test à la main fonctionne : caisson en vitesse 2, porte de la pièce fermée, passe-plat dégagé, main à plat sur l'entrée — on doit sentir un souffle net et continu. Pour aller plus loin, un anémomètre à fil chaud contre le corps donne un débit pièce par pièce à comparer au classement annoncé sur la pièce (les entrées autoréglables sont calibrées pour un débit à 20 ou 160 Pa, indiqué sur la fiche). Si le souffle est nul alors que le caisson tourne, cherchez dans cet ordre : filtre colmaté, loqueteau peint ou mastiqué par un peintre, volet bloqué par la poussière, entrée tout simplement bouchée au silicone à l'époque des travaux.
Et si rien ne revient ?
Une entrée de menuiserie morte se remplace pièce par pièce, en respectant le gabarit de la fraisure (longueur, largeur, épaisseur de dormant). C'est souvent moins coûteux qu'on ne le croit, et c'est le seul moyen de retrouver le débit sans changer la fenêtre. À noter pour les locataires : une entrée d'air obstruée par le preneur engage sa responsabilité d'entretien, contrairement à une entrée défaillante par usure, qui reste à la charge du bailleur.


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