Le givre est la principale limite physique de la double flux en climat froid humide. Tant que l'échangeur reste sec, la récupération fonctionne. Dès que la température de l'échangeur passe sous 0 °C dans la zone parcourue par l'air extrait, l'humidité de cet air condense puis gèle sur les ailettes. Le débit utile chute, le ventilateur monte en puissance, la consommation électrique grimpe, et l'appareil se met en défaut si rien ne dégivre.
Pourquoi le givre se forme côté extrait, jamais côté neuf
L'air extrait d'un logement chauffé en hiver contient nettement plus d'humidité que l'air neuf extérieur. En cédant sa chaleur à l'air neuf, il se refroidit sous son point de rosée, puis sous 0 °C dans le tiers amont de l'échangeur. Le givre se dépose donc sur les ailettes du côté extraction, sur la partie la plus froide du parcours. Ce dépôt progresse de l'amont vers l'aval et finit par colmater les veines. Deux conséquences directes : dès que le givre s'accumule, la récupération chute, et les deux ventilateurs travaillent davantage pour un débit réel plus faible.
Les trois modes de dégivrage rencontrés
- By-pass commandé par sonde : une sonde d'air extrait ou une sonde d'échangeur mesure l'ambiance froide côté extrait. Quand la température calculée franchit le seuil de givre, le by-pass s'ouvre pour couper le transfert de chaleur : l'air extrait traverse l'appareil sans être refroidi, et l'échangeur remonte en température. La récupération est coupée, et avec elle le gel : c'est une bascule temporaire, pas un mode de chauffe.
- Boucle eau glycolée (circulateur et petit échangeur amont côté air neuf) : l'échangeur est maintenu hors gel par un liquide à base de glycol qui préchauffe l'air neuf à hauteur réglable. La récupération redémarre quand la puissance soutirée par la boucle est redevenue inutile. Ce mode consomme quelques dizaines de watts mais évite l'arrêt de récupération.
- Résistance électrique de dégivrage côté extrait (rare en résidentiel, fréquente en collectif) : cycle intermittent qui fond le givre accumulé. Le débit d'air neuf est maintenu pendant la phase de chauffe.
Quand le by-pass est à la fois by-pass d'été et by-pass antigel
Beaucoup de caissons domestiques n'ont qu'un moteur de by-pass, asservi à deux lois distinctes : ouverture au-dessus d'un seuil chaud (température extérieure et intérieure) pour le free cooling, ouverture en dessous d'un seuil froid pour le dégivrage. Il faut lire la notice pour savoir si le by-pass s'ouvre vraiment à +2 °C extérieur et à −8 °C. Sur certaines gammes, le réglage usine ouvre le by-pass au-dessus de +22 °C intérieur et le referme seulement quand la température d'échangeur remonte au-dessus de +4 °C : ces deux valeurs sont propres à chaque fabricant et il n'y a pas de seuil universel.
Vérifier que le dégivrage fait son travail
- Par temps de gel humide, contrôler que l'air rejeté au rejet d'extrait est froid (givre au rejet en façade, pas d'eau qui coule) : un rejet qui ne fume plus et un caisson silencieux signifient que l'extrait n'est plus refroidi, donc que le by-pass est ouvert.
- Ouvrir l'appareil après un épisode de gel : l'échangeur doit être exempt de glace visible en partie amont côté extrait.
- Écouter le cycle de dégivrage : un caisson qui passe d'un bruit normal à un débit fortement réduit puis revient, à intervalles de 30 à 90 minutes, est en régime de dégivrage alterné.
Un échangeur pris dans un bloc de glace de plusieurs centimètres, en plein épisode de gel, n'est pas un défaut de seuil : c'est en général un filtre d'air extrait encrassé, un by-pass qui reste bloqué ouvert côté neuf, ou un extracteur de cuisine qui court-circuite l'extrait. Le dégivrage ne peut pas compenser un débit extrait amputé : il faut rétablir les débits avant de conclure à une commande défaillante.






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