VMC double flux : placer les bouches de soufflage (plafond, mur, rejet dirigé)

Sur une VMC double flux, le caisson et les gaines font la performance, les bouches de soufflage font le confort. Une insufflation bien réglée mais mal placée produit un courant d'air froid perçu comme une panne, alors que le débit est conforme. Le placement des bouches d'insufflation se décide avant la fermeture du plafond, parce qu'il dépend de la position des bouches d'extraction et de la circulation de l'air dans la pièce.

Où l'air doit arriver, et où il ne doit pas arriver

L'objectif du soufflage est de balayer la pièce depuis la zone propre vers la zone sale : l'air neuf entre par le séjour ou le couloir, traverse les chambres, et sort par la cuisine et le WC. Une bouche de soufflage mal placée crée un court-circuit aéraulique : l'air neuf repart immédiatement vers la bouche d'extraction la plus proche sans jamais rincer le fond de la pièce. Trois règles de bon sens en découlent.

  • Ne jamais diriger un rejet dirigé vers un poste fixe : lit, canapé, bureau. Une bouche orientable se règle une fois, l'occupant ne passera pas ses journées à la réorienter.
  • Éloigner le rejet de la bouche d'extraction du même volume quand c'est possible : dans un séjour ouvert sur la cuisine, une insufflation côté fenêtre et une extraction côté cuisine allongent le trajet réel de l'air.
  • Prévoir une insufflation par pièce principale, jamais une seule bouche pour deux chambres séparées par une porte : la circulation entre pièces passe par le jeu sous les portes, dont la section est très inférieure à celle d'une gaine.

Plafond ou mur haut : ce que change le point de rejet

Le plafond reste l'implantation par défaut : le jet d'air s'étale sous la dalle, se mélange à l'air ambiant et retombe sans sensation de courant d'air. En rénovation légère, quand le faux-plafond n'existe que dans le couloir, l'insufflation mur haut fonctionne bien à condition de rejeter parallèlement au mur et non perpendiculairement : un rejet perpendiculaire à 1,2 mètre du lit est ressenti dès 20 m3/h, un rejet longitudinal au plafond ne l'est presque jamais au même débit.

La vitesse de sortie à la bouche compte autant que le placement : au-delà de 2 m/s environ en chambre, le sifflement de turbulence apparaît et le jet devient perceptible. À 25 m3/h, cela impose une bouche dont la section libre est d'au moins 35 cm2, ce qui exclut les petits panneaux de soufflage d'entrée de gamme serrés sous des plaques de finition.

Le caisson, les plénums et le bruit mesuré à la bouche

Le bruit d'une bouche n'est pas seulement celui du caisson rapporté au bout du réseau : c'est un bruit aéraulique créé à la sortie. Un plénum de silencieuse bien dimensionné et un cône de diffusion régulier coûtent quelques dizaines d'euros et suppriment le souffle mesuré en bout de gaine. À la mise en service, on mesure au niveau de la bouche, la nuit, avec un simple sonomètre : 30 à 32 dB(A) en chambre est un objectif tenable, et si l'objectif n'est pas atteint on élargit la bouche ou on baisse le débit de cette branche plutôt que de pousser le caisson.

Le détail qui trahit une pose pressée

Un réseau de soufflage propre se lit en dix secondes : gaines tendues sans point bas, raccords collés ou clippés, bouches affleurantes sans jour avec la plaque de plâtre, et une insufflation qui ne vise aucune tête d'oreiller. Ces quatre points, plus que la marque du caisson, décident si l'installation sera réglable dans dix ans.