Évacuation des condensats d'une VMC double flux : siphon, bac de récupération et protection contre le gel

Une VMC double flux à récupération de chaleur condense une partie de l'humidité extraite de l'air vicié. En période de chauffe, un caisson de pavillon produit entre 5 et 10 litres d'eau par jour, davantage en immeuble collectif. Cette eau, si elle n'est pas évacuée correctement, revient sous forme de gouttelette sur l'échangeur, provoque des odeurs, voire un court-circuit sur le bornier. Le circuit d'évacuation des condensats est la partie la plus négligée d'une installation double flux, et l'une des premières causes de sinistre en combles.

Pourquoi une double flux produit-elle autant d'eau

L'échangeur à contre-courant refroidit l'air extrait pour préchauffer l'air neuf. Dès que la température de l'air extrait passe sous son point de rosée, l'humidité qu'il contenait se condense sur les ailettes. En janvier, avec un air intérieur à 20 °C et 45 % d'humidité relative rejeté à l'extérieur, le débit de condensat d'un caisson 150 m³/h atteint couramment 0,4 litre par heure. Multiplié par vingt-quatre heures, cela fait près de dix litres quotidiens. Un caisson de collectif surdimensionné peut dépasser vingt litres par jour en pleine saison de chauffe.

Le siphon n'est pas optionnel

Tout bac de récupération doit être relié à l'évacuation par un siphon, noyé en permanence, qui empêche trois choses :

  • le retour des odeurs du réseau d'eaux usées jusque dans le caisson et les pièces de soufflage ;
  • la propagation d'un éventuel départ de feu par la canalisation d'évacuation ;
  • la mise à l'air libre du bac qui, par temps de gel, transformerait l'eau en glaçon.

Le siphon se visite une fois par an : il se démonte par emboitement, se nettoie à l'eau chaude, et se remonte avec un joint torique graissé à la glycerine. Un siphon sec, après un arrêt prolongé de la ventilation, est la cause numéro une des odeurs signalées sur une double flux à l'arrêt estival.

Pente, diamètre et relevage

La canalisation de trop-plein est en diamètre 32 minimum, posée en pente continue de 2 à 3 % vers l'égout, sans point bas ou contre-pente qui retiendrait l'eau. Le raccordement se fait sur une colonne d'eaux usées ou une bouche de tampon, jamais sur une colonne d'eaux pluviales en zone soumise au gel. Si le caisson est implanté plus bas que le réseau, par exemple en sous-sol, le relevage se fait par une pompe à condensats dédiée à la ventilation, avec clapet anti-retour intégré et contacteur de niveau haut en sécurité.

Hors-gel : la consigne à 5 °C

En combles non chauffés, le circuit de condensats doit être calorifugé et, si le caisson ne dispose pas de siphon chauffant intégré, accompagné d'un câble chauffant autorégulant posé en collerette sur la canalisation. Le câble se branche sur l'alimentation du caisson via le contact hors-gel, de façon à être alimenté dès que la machine est au repos, et jamais sur un circuit commandé par l'horloge de la ventilation.

Symptômes d'un circuit d'évacuation défaillant

Traces d'eau sous le caisson, bac qui déborde par le trop-plein, gouttelement au niveau du regard de visite, odeur d'égout aux bouches de soufflage, ou mise en défaut humidité du caisson par temps de gel : dans les quatre cas, le circuit d'évacuation est à contrôler avant d'accuser l'échangeur. Une purge complète du bac, un siphon nettoyé et une pente vérifiée au niveau à bulle règlent la moitié des interventions.

Retenez-le : le circuit de condensats se visite au même rythme que les filtres, deux fois par an minimum, avec contrôle du siphon et du hors-gel avant chaque hiver.