Gaine d'amenée d'air neuf : où condense réellement une double flux, et pourquoi

Sur une VMC double flux, l'eau est presque toujours mal comprise. On accuse le réseau d'amenée d'air neuf de « transpirer », alors que la physique désigne trois phénomènes distincts selon la saison : le givre dans l'échangeur en plein hiver, la condensation sur les tronçons non isolés en inter-saison, et la rosée d'été en by-pass. Chacun a sa cause et son remède.

Le point de rosée, seul critère qui compte

De la vapeur condense dès qu'une paroi est plus froide que le point de rosée de l'air qu'elle borde. À 0 °C et 90 % d'humidité relative, l'air extérieur contient environ 4 g de vapeur par mètre cube et son point de rosée se situe vers -1 °C : un tronçon d'amenée rayonné vers un ciel nocturne froid peut passer sous cette valeur localement, et l'eau apparaît sur la paroi intérieure avant l'échangeur. En revanche, l'air soufflé après l'échangeur — porté à 10-15 °C alors qu'il reste à 4 g/m³ — a un point de rosée très inférieur à sa température : il ne peut rien condenser dans la gaine de soufflage. C'est le tronçon amont, avant récupération, qu'il faut regarder.

L'hiver : le givre de l'échangeur, pas de la gaine

  • Par -5 °C extérieur et cuisine en pleine cuisson, l'air extrait saturé traverse l'échangeur côté extraction : l'humidité gèle sur les aubes, le débit chute, le by-pass de dégivrage s'ouvre et consomme.
  • Un cycle de dégivrage qui tourne en permanence signale un débit extrait trop faible au regard de l'hygro­métrie : vérifiez les paliers avant d'incriminer le caisson.
  • La résistance de préchauffage, quand le modèle en dispose, n'est pas un luxe en climat continental : elle décale l'entrée d'air au-dessus du point de givrage.

Le printemps et l'automne : les tronçons froids

Aux mi-saisons, l'écart entre air extrait et air extérieur s'amincit ; la récupération chauffe peu, et l'amenée reste près de la température extérieure. En comble non chauffé, la gaine peut redescendre sous le point de rosée de cet air : condensation externe sur la gaine froide si elle n'est pas calfeutrée, ruissellement vers le caisson. Le remède tient en trois lignes : isolant continu sur tout le tronçon amont, pare-vapeur côté chaud, raccords collés ou bandés — pas simplement emboîtés.

L'été : le by-pass mal géré condense aussi

En canicule humide, un by-pass ouvert en permanence envoie de l'air à 30 °C et 70 % d'humidité traverser un échangeur resté frais : la paroi ressort sous le point de rosée et se couvre d'eau. Limitez le by-pass aux heures fraîches (programmation nocturne), et vérifiez que la purge des condensats n'est pas obturée : l'été produit de l'eau, elle aussi doit s'évacuer.

Contrôles de saison

  • Un verre d'eau versé côté extraction doit ressortir par la purge en moins de trente secondes, caisson à l'arrêt.
  • Après un épisode de gel, ouvrez le caisson : des cristaux sur la face extraction de l'échangeur sont normaux ; des flaques dans le carter ne le sont pas.
  • Contrôlez l'isolant d'amenée aux raccords : un manchon qui a glissé laisse un pont froid de dix centimètres, suffisant pour une trace d'humidité au plafond.

Règle commune aux trois saisons : on ne traite jamais la condensation par un déshumidificateur ou un arrêt du caisson. On remonte la paroi au-dessus du point de rosée — isolation, by-pass piloté, préchauffage — ou on descend l'eau : purge, pente, siphon.