Installer une VMC : la pente d'évacuation des condensats, 1 cm par mètre et pas moins

Le condensat est le parent pauvre de l'installation de VMC. Sur une double flux en comble non chauffé comme sur une simple flux rejetant l'air vicié en souche, la gestion de l'eau produite conditionne la durabilité du chantier. La règle des installateurs — 1 cm de pente par mètre de course — découle directement de la physique : sous 1 %, l'eau stagne dans la gaine au lieu de migrer vers l'évacuation.

Pourquoi l'eau apparaît

À 20 °C et 50 % d'humidité relative, l'air extrait contient assez de vapeur pour condenser dès qu'il rencontre une paroi à moins de 9 ou 10 °C. En hiver, les combles non chauffés descendent sous le point de rosée du circuit : le condensat se dépose sur les parois froides de la gaine et du corps d'échangeur. Une double flux en produit davantage qu'une simple flux, puisqu'elle condense d'un côté comme de l'autre, air extrait et air neuf quand les températures extérieures chutent.

Les dispositions à respecter

  • Pente continue d'au moins 1 cm/m vers un point bas unique, sans contre-pente ni poche naturelle ; les colliers deviennent les supports de la pente.
  • Évacuation en partie basse du caisson par un siphon garde-eau : sans lui, l'air passe par le tuyau d'évacuation et le bac se remet en eau.
  • Bac de récupération ou pompe de relevage quand le point bas se trouve plus haut que l'évacuation, par exemple en faux plafond de cuisine.
  • Calfeutrage continu du réseau en comble non chauffé : une gaine isolée produit moins de rosée, la pente ne gérant plus que le résiduel.

Les signes d'une évacuation déficiente

  • Gouttes au débouché de souche ou coulures noires sur les faux plafonds.
  • Bruit de glouglous par temps froid, l'eau battant dans le caisson.
  • Givrage du corps d'échangeur d'une double flux vers -5 °C : le condensat n'a pas eu le temps de s'évacuer.

Vérification après installation

Couler un verre d'eau dans le réseau côté extraction, caisson à l'arrêt : tout doit sortir par l'évacuation en moins de trente secondes. Sinon, reprendre la pente ou le siphon. Ce contrôle simple évite un retour de chantier trois hivers plus tard.

Côté insufflation, la même logique s'applique

Le réseau d'air neuf condense moins, mais il givre. Un registre ou un boisseau d'aspiration orienté vers une façade à l'abrie, une gaine d'amenée non isolée sur les deux premiers mètres, et des cristaux se forment dans l'échangeur. La contrepartie est simple : amenée d'air dirigée vers un mur à l'abri du vent dominant, tronçon isolé jusqu'au caisson, et bypass d'été fermé pour éviter que l'air chaud et humide ne traverse un échangeur froid. Ces trois gestes ne coûtent presque rien à la pose et suppriment la majorité des interventions de dégivrage.

Mémo des quantités à vérifier

  • Pente : 1 cm/m minimum, contrôlée au niveau laser ou au fil à plomb, sur la totalité de la course.
  • Siphon : hauteur d'eau de 5 cm environ, à purger une fois par an.
  • Évacuation : diamètre minimal de 16 à 20 mm, jamais un tuyau de plus petit section qui se bouche à la première poussière.
  • Givrage : vérifier le cycle de dégivrage du caisson par froid sec, thermostat extérieur en défaut si les aubes grippent dès -3 °C.